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Apprendre à naviguer toutes les facettes de la culpabilité

Qu’est-ce que la culpabilité?

La culpabilité, c’est le sentiment d’avoir commis une faute, qu’elle soit réelle ou imaginaire, intentionnelle ou accidentelle. Le sentiment de culpabilité d’une personne est généralement lié à son code moral. La culpabilité n’est pas nécessairement mauvaise. Parfois, c’est même productif. Se sentir mal après avoir fait une erreur peut entraîner des changements, comme des excuses ou la décision de faire des choix différents à l’avenir. Un « plaisir coupable » peut décrire quelque chose d’inoffensif qu’une personne apprécie même si elle pense qu’elle ne devrait pas ou est gênée par ses goûts.

Mais la culpabilité peut parfois être néfaste. De manière accrue, elle peut provoquer des symptômes physiques, un doute de soi, une diminution de l’estime de soi et de la honte. Il peut être difficile de surmonter ces sentiments, surtout en cas de culpabilité chronique, d’où l’importance de bien la comprendre, la reconnaître et de savoir comment la déconstruire. 

La COVID et la culpabilité

Alors que la culpabilité est une émotion normale, on peut dire qu’elle a été grandement accentuée par la pandémie. En effet, si vous avez l’impression d’avoir ressenti beaucoup de culpabilité pendant la COVID, sachez que vous n’êtes pas les seuls. Et surtout, que c’est normal. 

Pendant la COVID, la culpabilité émanait de plusieurs situations qui arrivaient toutes en même temps : 

  • avoir attrapé le virus et de l’avoir transmis
  • être épuisé d’avoir les enfants à la maison et de vouloir du temps pour soi
  • trop ou ne pas assez respecter les règles sanitaires
  • renvoyer ou non les enfants à l’école et la garderie
  • ne pas être performant au travail, à la maison, comme parent, comme conjoint, comme ami.e
  • Votre temps d’écran ou celui des enfants
  • Se dire qu’on ne devrait pas trouver ça difficile car d’autres sont dans une situation plus difficile que la nôtre (« au moins je ne suis pas seul.e » quand on est tanné de sa famille, « au moins je n’ai pas d’enfant » quand bien même la solitude pèse)

Maintenant que la vie reprend tranquillement de sa normalité, certains ont l’impression d’enfin respirer alors que pour d’autres, la culpabilité prend toute la place. Après deux ans à suivre des règles strictes, il peut être difficile de se débarrasser du sentiment constant que vous faites quelque chose de mal. Certains ressentiront de la culpabilité parce qu’au fond d’eux-mêmes, ils préféraient leur vie en quarantaine, parce que leur situation financière s’est détériorée pendant la pandémie, parce que leur santé mentale en a pris un coup, parce qu’ils ont attrapé le virus sans avoir de conséquences alors que d’autres en sont décédés. La liste est longue et varie selon les réalités de chacun.

Le Mom Guilt

Pour certains pans de la population, les mères plus précisément, la culpabilité est tellement présente qu’elle en est devenue un phénomène social. Plusieurs mères avouent s’oublier et s’abandonner pour le bien de leurs enfants. Pourquoi ? Parce que dans la société actuelle, plus une mère en fait pour ses enfants, plus elle est jugée positivement (par elle-même et par les autres). Et lorsqu’elles décident de se faire passer en premier, en priorisant leur carrière, leurs intérêts ou leur bien-être, les jugements négatifs fusent de partout, mais surtout, au sein d’elles-mêmes. Notons toutefois que cette pression n’est pas appliquée sur les pères, contribuant ainsi à creuser le fossé entre les attentes envers les mères et l’amplification du sentiment de culpabilité généré. 

Quoi faire pour travailler sur notre culpabilité

Maintenant que l’on sait que la culpabilité est une émotion normale (et parfois même attendue), il importe de s’assurer de bien la gérer. Voilà quelques moyens d’y arriver.

Reconnaissez le sentiment de culpabilité

Prendre conscience du sentiment de culpabilité permet de s’ouvrir à l’identification des causes et à la nature même de cette culpabilité : est-elle justifiée ? disproportionnée ? Répondre à la question « De quoi vous sentez-vous coupable exactement ? » permet de mettre des mots sur cette émotion.

Explorez la source de la culpabilité

Bien comprendre les sources du problème reste la meilleure stratégie pour résoudre ce même problème. Quelle était réellement votre intention lorsque vous avez agi contre vos normes ? Intention de nuire, acte de vengeance, malveillance, accident, goût du risque… Avez-vous éprouvé une forme de soulagement ou de plaisir ? Soyez honnête. Il n’y a rien de répréhensible à accepter son mauvais côté. Ne pas le reconnaître, c’est nier la nature humaine. Chacun a droit à l’erreur. Si vous déterminez qu’il y a place à des excuses ou des réparations, faites-le ! En vous excusant, vous exprimez des remords et des regrets à la personne que vous avez blessée et lui faites savoir comment vous comptez éviter de refaire la même erreur à l’avenir.

Apprenez de vos erreurs

Avant de pouvoir laisser le passé derrière vous, vous devez l’accepter et en tirer des leçons. Cela vous permettra de déterminer quels changements vous pourrez apporter dans le futur pour réduire les risques qu’une situation se reproduise.

Ayez de l’auto-compassion

Une erreur ne fait pas de vous une mauvaise personne — tout le monde se trompe de temps en temps. Vous rappeler de votre valeur et surtout, du fait que vous avez droit à l’erreur,  peut renforcer la confiance, ce qui vous permet d’examiner plus facilement les situations de manière objective et d’éviter d’être influencé par la détresse émotionnelle.

Pardonnez-vous

Le pardon de soi est un élément clé de l’auto-compassion. Lorsque vous vous pardonnez, vous reconnaissez que vous avez fait une erreur, comme tous les autres humains. Ensuite, vous pouvez regarder vers l’avenir sans laisser cette erreur vous définir. Vous vous accordez amour et gentillesse en acceptant votre moi imparfait.

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